|
1. Droits
1.1 Le contrat de vente
La vente immobilière est un acte
juridique par lequel un bien change de propriétaire moyennant une
contrepartie financière: c'est pourquoi son appellation juridique
officielle est 'une mutation à titre onéreux'. Contrairement à
certaines idées reçues, cet acte est très simple puisqu'il est
totalement pris en charge par le notaire, dont la présence est
obligatoire en France pour de tels contrats.
1.2 L'accord
Une vente est réputée conclue
lorsque deux parties se sont mises d'accord autour de la cession d'un
bien parfaitement défini et circonscrit d'une part, et un prix
exactement semblable d'autre part. Une fois cet accord obtenu, vous
pouvez engager une procédure de vente.
1.3 La promesse de vente
Première étape, la promesse de
vente engage les deux parties cocontractantes, l'une à céder son bien,
l'autre à le lui prendre. C'est un avant-contrat mais, qui a valeur de
contrat, qu'il soit fait devant notaire ou entre les deux parties
seules. Par contre il existe aussi la promesse unilatérale de vente où
seul le vendeur s'engage à vendre son bien dans un délai mais doit
verser une partie de la somme, une 'indemnité d'immobilisation'. En
théorie, la promesse de vente sert à 'faire patienter' les contractants
afin d'obtenir tous les papiers ou autorisations nécessaires, informer
les autorités locales et fiscales, accomplir toutes les démarches
financières, etc.
Prenez un soin tout particulier à rédiger et
à signer la promesse ou le compromis de vente. Il vous engage autant
que le contrat définitif 'l'acte authentique' de vente, qui n'est bien
souvent qu'une pure formalité qui clôt l'affaire dans son ensemble.
La promesse de vente a pour valeur
juridique soit de différer ou de placer des limites temporelles à la
mutation effective d'un bien, soit d'engager les parties avant que
l'acte de vente ne précise les limites et les contours précis de la
propriété vendue, ou le prix exact du bien cédé. La vente n'est
finalement que l'acte qui achève et formalise la cession, la promesse
de vente, et cas de litige, c'est elle qui fait force de loi auprès des
tribunaux.
1.4 Le compromis de vente
La promesse synallagmatique
(avec principe de réciprocité), comme vu plus haut, peut contenir une
clause prévoyant, sous certaines conditions, un désistement unilatéral
ou réciproque. Il n'engage donc le vendeur, c'est une sécurité pour
l'acheteur qui lui, ne risque l'indemnité d'immobilisation. Cette
indemnité équivaut environ à 10 % du prix de vente mais c'est à vous,
d'un commun accord avec le vendeur, d'en fixer me montant.
Sa rédaction est également extrêmement importante, vous avez intérêt à la confier à un professionnel.
1.5 La rédaction
Se précipiter est une cause
d'erreur. Dans tous les cas de figure, il faut garder son calme et
prendre du temps pour étudier à tête reposée ce qui est inscrit dans le
document. N'hésitez pas à poser des questions au vendeur. Vous pouvez
d'ailleurs demander de faire modifier ou supprimer les clauses qui ne
vous conviennent pas.
Un certain nombre de clauses doivent
obligatoirement figurer au contrat. D'abord la description du bien
(adresse exacte, superficie, équipement supplémentaire, garage ou
chambre de bonne). Ensuite, le prix qui en est demandé. En troisième
lieu, les éventuelles servitudes qui pèsent sur le bien (limitation de
le propriété ou de l'usage de celle-ci). En quatrième lieu, pour un
logement ancien, il faut s'assurer que le logement n'est pas hypothéqué
et une clause le précisant doit apparaître dans le contrat.
Enfin, la promesse de vente doit faire
apparaître un certain nombre de formalités qui sont indispensables pour
vous garantir une bonne livraison de l'appartement ou de la maison: la
date de livraison du logement, le montant des honoraires de l'agent
immobilier et à qui en incombe le paiement.
1.6 Les annexes
La promesse de vente (ou tout
type d'avant-contrat) peut inclure des clauses suspensives ou
résolutoires qui assurent que la vente se réalisera moyennant certaines
conditions: par exemple, la vente pourrait ne se réaliser que sous
réserve d'avoir revendu votre précédent logement ou bien sous condition
d'avoir obtenu un certificat d'urbanisme qui accepte certaines
modifications dans le bâti existant. titre onéreux'. Contrairement à
certaines idées reçues, cet acte est très simple puisqu'il est
totalement pris en charge par le notaire, dont la présence est
obligatoire en France pour de tels contrats.
1.7 Les arrhes
La pratique habituelle veut que
pour une transaction immobilière, l'avant-contrat ou la promesse de
vente se sécurise par le versement d'arrhes de la part de l'acheteur
pour le vendeur. En règle générale le vendeur réserve le logement pour
une somme qui peut atteindre 10 % du montant de la vente.
Il est important de faire préciser clairement
dans le pré contrat écrit dans quelle mesure ce versement engage
l'acheteur et ses conditions dans lesquelles cette somme est
récupérable si la vente et les sommes versées sont alors
obligatoirement remboursées.
Si l'acte précise que vous avez versé un
acompte, le vendeur et l'acheteur sont alors engagés irrévocablement.
Les arrhes doivent valoir 'dédit réciproque', c'est-à-dire qu'ils
doivent permettre à l'acheteur de renoncer à acheter en perdent
naturellement les arrhes et, inversement le propriétaire pourra
renoncer à vendre en remboursant le double des arrhes versés. Mieux
vaut dans tous les cas consigner cette somme chez le notaire ou l'agent
immobilier qui supervise ou authentifie la transaction.
1.8 L'acte de vente
Dès que toutes les conditions
pour la vente sont réunies, l'acte de vente est signé par l'acheteur et
vendeur devant notaire. Le notaire choisi importe peut mais seul un
notaire établira le contrat. Il est toujours possible de se faire
accompagner de son notaire ou de son conseiller juridique. Les
honoraires dus pour cet acte seront alors partagés entre les deux
notaires. C'est au moment de la signature du contrat de vente, qu'il
faut verser le sole du prix de vente et les frais notariés.
Le notaire se charge généralement de conserver
un exemplaire de l'acte original de propriété. C'est lui qui en est le
dépositaire devant la loi. En revanche, vendeur et acheteur doivent
précieusement garder un exemplaire du contrat de vente ou d'achat.
Enfin, c'est à ce moment, chez le notaire, qu'intervient la remise des
clés, sauf convention particulière.
2. Agent immobilier
C'est un prestataire de service
mandaté: il doit recevoir un mandat écrit avant d'intervenir. Il met en
rapport des personnes morales ou physiques dans le but de réaliser des
opérations portant sur la vente ou la location de biens immobiliers
appartenant à des tiers.
Sa fonction regroupe deux types de services :
- la vente de biens immobiliers et de fonds de commerce
- la location de terrains, habitations ou locaux à usage professionnel
Le conseil et l'estimation sont des activités
complémentaires indissociables de sa fonction: les clients ont besoin
de l'avis du professionnel pour déterminer la valeur vénale ou locative
des biens en fonction du marché.
Certains professionnels sont amenés par leur
connaissance du marché de la transaction à devenir expert. C'est une
fonction indépendance de l'activité du cabinet immobilier.
Un agent immobilier est un commerçant, qui doit
à ce titre être inscrit au registre du commerce et des sociétés, et se
conformer à l'intégralité des obligations et prescriptions liées à ce
statut.
Cette activité est soumise à la loi du 2
Janvier 1970, appelée loi Hoguet, qui détermine les conditions
d'exercice de cette profession.
L'agent doit:
- être détenteur d'une carte professionnelle 'Transactions sur Immeubles et Fonds de Commerce',
- justifier d'une assurance en responsabilité civile professionnelle,
- justifier d'une garantie financière.
Il doit aussi respecter une réglementation contraignante:
- conclusion d'un mandat obligatoirement écrit,
- fourniture de reçus conformes,
- détention de fonds appartenant à des tiers.
Le mandat peut être 'simple', ou 'non
exclusif', c'est à dire que le mandant peut confier un mandat à un
autre vendeur; ou 'exclusif': il réserve l'exclusivité de la
négociation à cet agent.
3. Le notaire
Chaque mutation immobilière
(vente, don, succession) est un contrat. Comme tel, un contrat doit
revêtir un certain nombre de formes pour le rendre légal. Un notaire
s'occupe de rendre ce document parfaitement valable et son intervention
est obligatoire. La vente est ainsi opposable aux tiers, c'est-à-dire
que nul ne peut la contester.
Première et importante étape, le promesse de
vente unilatérale et le compromis de vente. La présence du notaire
n'est pas obligatoire car ce pré contrat vous engage presque autant que
le vrai contrat. Ces différents contrats dans lesquels l'acheteur
s'engage à acheter et le vendeur à vendre contiennent des dispositions
légales ou des clauses exceptionnelles.
Le notaire est chargé de constituer le dossier
juridique de la mutation. Il prendra soin de constater que tous les
impératifs fixés par la loi à la vente d'un bien immobilier sont bien
réunis: le vendeur est-il bien le propriétaire, le bien est-il frappé
de servitude, y a-t-il un droit de préemption ou une hypothèque sur la
propriété...
Lors de l'acte de vente, le notaire sert de
caution morale (car il est investit par loi et assermenté). Personne ne
peut s'improviser notaire. Celui-ci doit disposer d'un cabinet ayant
pignon sur rue. Une fois les conditions réunies, le notaire rédige les
actes et convoque les parties pour la signature. Si les deux parties
ont leur propre notaire, les frais resteront les mêmes, les deux
notaires se partageant leurs honoraires.
Les frais de notaire sont d'une triple nature:
ce sont d'abord les honoraires qui rémunèrent le travail effectué, les
droits dus au fisc que le notaire est chargé de prélever et enfin les
débours, c'est-à-dire les frais que le notaire aura engagés pour
réaliser l'opération demandée.
Les honoraires du notaire sont fixés par
décret. Ils varient selon l'importance des transactions. Chaque
transaction est 'saucissonnée' et chaque tronçon est assujetti à un
taux de prélèvement différent. Pour moins de 20 000 F, le taux est de 5
%, entre 20 001 et 40 000 F, il est de 3,3 %, entre 40 001 et 110 000,
il est de 1,65 % et au-dessus de 110 000 F il est de 0,825 %.
Pour une maison vendue 1 million de F, le
notaire percevra donc 5 % pour la tranche 0 - 20 000 F soit 1000 F, 3,3
% pour la seconde tranche de 20.001 à 40 000 F soit 660 F, 1,65 % pour
la troisième soit 1115 F et 0,825 % pour le reliquat soit 8.250 F. La
somme totale sera donc 11 025 F Hors Taxes, soit 1,1 % de la somme.
Mais les notaires perçoivent également d'autres
honoraires qui varient encore selon de montant de la transaction et qui
correspondent aux frais annexes et aux débours. Citons l'état civil,
l'extrait d'acte, les frais de cadastre, les droits de préemption, les
droits à hypothèque, le certificat d'urbanisme, la rédaction des copies
d'actes authentiques, les frais de dossier...
Après la conclusion officielle de la vente, le
rôle du notaire se n'arrête pas là. Il fera la publicité de cette
vente, informera les services du cadastre et conservera une copie de
l'acte, notamment pour le service des hypothèques.
|